04 août 2007

La gauche et la contradiction chinoise

Un autre cas spectaculaire de contradiction de la gauche concerne les relations qu'ils entretiennent avec les pays en voie de développement.

Un cycle typique de contradiction
Habituellement, le cycle de contradiction de la gauche suit les étapes suivantes:

1) On prétend qu'on exploite la population du pays concerné (exemple: "n'as-tu pas honte d'acheter ce vêtement fabriqué en Chine par des enfants exploités et qui ont faim?")

2) Les pays concernés améliorent leurs conditions de vie, les travailleurs deviennent qualifiés, les gouvernements ont de l'argent à investir, de sorte que la gauche craint la délocalisation et les pertes d'emploi ("bientôt, même Bombardier va faire construire des avions en Chine").

3) Le protectionnisme se met de la partie afin de limiter les délocalisations ("les chinois ne respectent pas les lois internationales, imposons une taxe à l'importation")

4) des dommages importants sont causés aux deux pays ("l'augmentation des prix des produits importés de Chine, causés par les dernières taxes d'importation, ont contribué à une augmentation de l'inflation de 3% cette année. La réserve fédérale se verra donc dans l'obligation de rehausser les taux d'intérêt d'au moins 1 point d'ici l'automne prochain. Cela fait craindre encore davantage pour l'économie, le marché hypothécaire américain étant en fort déclin depuis deux ans. Du côté chinois, on remarque la fermeture de plusieurs usines et la perte de centaines d'emplois. Des milliers de famille chinoise se retrouvent sans emploi et sans revenus").

Les contradictions de cette nature ne proviennent pas d'un manque d'intelligence des gauchistes ou encore de leur incapacité même à voir cette contradiction.

Le libre-marché et la stabilité des signaux, seuls capables de garantir une économie prospère
La contradiction provient du fait que les objectifs visés sont incompatibles avec les moyens utilisés. Imposer des taxes d'importation est un moyen inefficace de protéger les emplois locaux. Car non seulement les emplois finissent par partir de toute façon, mais en plus, les signaux contradictoires envoyés au marché causent des torts importants aux économies des parties impliquées.

Quant aux travailleurs chinois exploités, c'est au gouvernement chinois que les gauchistes devraient demander des comptes. Peut-être que ce gouvernement leur expliquerait qu'il a compris que la seule façon de faire prospérer la Chine, c'est en acceptant que les travailleurs aient de moins bonnes conditions maintenant, mais profiter de la prospérité pour ensuite investir dans l'éducation, dans des industries où les conditions sont meilleures pour les travailleurs, dans les infrastructures, etc.

Et c'est exactement ce qui est en train de se produire en Chine: prospère, elle fait maintenant peur à la gauche et aux syndicats qui veulent protéger les emplois locaux.

Soudainement, les conditions de travail et de vie en Chine sont moins importants pour nos gauchistes, pris en flagrant délit de... contradiction.

31 juillet 2007

La droite à l’action

Depuis quelques années, je suis particulièrement optimiste pour l’avenir du monde. En effet, la droite a décidé de passer à l’action. Depuis des années, la gauche tente de convaincre une droite sceptique d’éliminer la pauvreté, de répartir la richesse, d’aider l’Afrique et de protéger l’environnement.

Si la droite est sceptique, ce n’est pas parce qu’elle ne possède pas de belles valeurs. Elle est sceptique quant aux moyens à adopter pour arriver à des résultats concrets qui vont au-delà des belles intentions.

En effet, les résultats obtenus par les gouvernements dans l’aide humanitaire sont décevants. Malgré la formation d’organismes comme les Nations Unis, il semble que peu de progrès soient réalisés pour aider les plus démunis de la planète.

Cela pourrait être en train de changer
Des philanthropes tels que Warren Buffet et Bill Gates vont appliquer la recette du libre marché aux œuvres caritatives. Je parie qu’ils vont réussir mieux que n’importe quel gouvernement avant eux.

Pour mesurer l’ampleur du mouvement, il faut voir les chiffres. Les Nations Unis ont un budget de 12 milliards. Cela nous donne un ordre de grandeur. La fondation de Bill Gates a présentement environ 30 milliards de dollars US dans ses coffres, de l'argent versé par Bill Gates lui-même et par de nombreux autres donateurs qu'il a convaincu grâce à son enthousiasme et au sérieux de son entreprise.

Un don d'une ampleur incroyable
À cela va s’ajouter 37 milliards US provenant du plus grand don de l’histoire, celui de Warren Buffet. Au total, donc, c’est 67 milliards de dollars qui sont entre les mains de personnes qui savent comment atteindre des résultats. Rappelons que les objectifs principaux de la fondation de Bill Gates sont de favoriser l’éducation et combattre les maladies dans les pays en voie de développement.

Et des milliers d’autres emboîtent le pas. Depuis 1991, le nombre de fondations philanthropiques a doublé.

La plus grande différence entre la philanthropie privée et l’aide des gouvernements, c’est que les fondations comme celles de Bill Gates sont gérées la plupart du temps par le ou les donateurs, qui y consacrent tout leur temps, leur énergie et leur savoir faire. Si Warren Buffet, qui est un investisseur hors pair qui a toujours su dénicher les meilleures compagnies dirigées par les meilleurs gestionnaires, mise sur Bill Gates pour y donner toute sa fortune, j'ai confiance en son flair pour que ce dernier arrive à de grandes réalisations.

Une fondation gérée par un donateur privé fait mieux qu'un fonctionnaire qui dépense au nom de la population
Quand des privés gèrent des fondations, c’est leur argent qu’ils dépensent, ils veulent conséquemment obtenir des résultats. Les mauvaises langues diront que c’est pour soulager leur mauvaise conscience de capitaliste qui a profité toute leurs vies des gains obtenus sur le dos du pauvre monde. C’est tout faux. Warren Buffet vit dans la même maison depuis des décennies, une maison qui vaut moins de 250,000$, et il mène une vie humble et frugale.

Des profits "scandaleux" au service de l'Afrique et des pays en voie de développement
Quand Coca-Cola, American Express et Procter&Gamble (des compagnies qui appartiennent en bonne partie à Buffet via sa compagnie, Berkshire Hathaway) rapportent des profits records et que j’entends la gauche s’insurger contre l’ampleur de ces profits, je souris intérieurement en sachant que ces profits servent en réalité à construire des écoles en Afrique et à chercher des moyens d’éviter la transmission du virus du VIH.

30 juillet 2007

Petro-Quebec

Léo-Paul Lauzon souhaite la création d'un «Pétro-Québec»

Ironique comparaison
Ainsi, Léo-Paul Lauzon propose maintenant la création d'une entité gouvernementale pétrolière, un Pétro-Québec. Je trouve amusant qu'il choisisse comme comparaison Pétro-Canada.

Dans l'article, on mentionne que les revenus totaux de Petro-Canada ont été de 5,48 milliards$. C'est bien, mais on ne mentionne pas que Petro-Canada est une entité 100% privé.

Ça n'a pas toujours été le cas, toutefois. Et Pétro-Canada est l'exemple parfait du pourquoi le gouvernement ne doit pas se mettre à gérer des entreprises.

Je me souviens
M. Lauzon a-t-il oublié que les contribuables canadiens ont perdu plus de 5 milliards de dollars dans Petro-Canada, et que les profits ont commencé à apparaître APRÈS que le gouvernement se soit départi de ses actions et ait cessé de s'immiscer dans les affaires de la compagnie?

Le gouvernement n'est pas un entrepreneur
Il se trouve qu'aujourd'hui, le gouvernement fédéral fait beaucoup plus d'argent avec les impôts sur les profits de Pétro-Canada, ainsi que sur les revenus de dividende que les canadiens actionnaires reçoivent, qu'il n'en aurait jamais fait en continuant à gérer lui-même la compagnie ou à la faire gérer par des amis du parti au pouvoir.

Ajout, 21h20:
Une gauche en contradiction
La gauche se retrouve en pleine contradiction avec le genre de proposition de M. Lauzon. Cette contradiction est similaire à celle de Québec Solidaire qui souhaite conserver les prix de l'électricité bas.

En effet, ce que propose Lauzon, c'est, ni plus ni moins, de subventionner le pétrole à la pompe (en effet, il pense pouvoir refiler les profits au consommateur sous la forme d'essence moins chère). Il s'agit d'une proposition au potentiel populaire, mais qui est en contradiction avec une valeur généralement partagée par la gauche: l'écologie.

Faire baisser les prix avec Pétro-Québec, c'est encourager la consommation d'une source d'énergie polluante en utilisant les ressources du gouvernement. Pas fort, fort, comme idée. On sait pourtant que les prix bas encouragent l'utilisation de véhicules plus gros (comme aux États-Unis), alors que des prix élevés à la pompe à l'effet contraire (comme en Europe). Mais les gauchistes, comme avec l'électricité subventionnée qui encourage le gaspillage d'énergie, semble très bien vivre avec cette flagrante contradiction dans leurs vertus.

29 juillet 2007

Le filet social du Québec : inéquitable et inefficace

Un filet social bien tendu
Nos syndicats et socialistes semblent bien fiers du filet social que s’est bâti le Québec au fil des ans. Répartition de la richesse, réduction de la pauvreté, garantie de couverture des besoins minimum à la retraite, protection contre le chômage, soins de santé gratuits, frais de scolarité quasi symboliques, sont des avantages régulièrement mentionnés par ceux-ci.

Pourtant, la plupart de ces mesures sont non seulement inefficaces, mais également inéquitables.

Le cas du Régime Public d’Assurance Médicaments obligatoire
Prenons pour exemple l’une des mesures les plus inéquitables qui ait été introduite récemment : l’assurance médicaments. Normalement, une compagnie d’assurance charge un montant de façon à couvrir son risque. Ainsi, une personne jeune et en santé aurait une prime beaucoup moins élevée qu’une personne âgée ou malade. Le régime du gouvernement du Québec, toutefois, ne fonctionne pas selon ce principe élémentaire de couverture de risque : tout le monde paie la même prime. Les exceptions : les enfants de personnes assurées, les chômeurs, les personnes âgées à faible revenus et les personnes bénéficiant de l’aide sociale. Ces derniers adhèrent gratuitement au programme.

Ce système est totalement inéquitable. En effet, il fait porter le fardeau du financement sur les jeunes, ces derniers étant ceux qui paient le plus et qui bénéficient le moins du programme. De plus, les personnes plus âgées bénéficient maintenant, au moment où elles en ont le plus besoin, de l’assurance, alors qu’elle n’ont commencé à payer qu’en 1997 pour le régime au mieux, ou elles ne paient pas du tout si elles ont droit au Supplément de Revenu Garanti maximal.

Profiter maintenant, faire payer par d'autres plus tard
Quand on y regarde de plus près, bien des programmes sociaux similaires ont été adoptés au cours des années. D’autres exemples sont les tarifs subventionnés d’hydro-électricité ainsi que les frais de scolarité universitaires gelés pendant des années. Il s’avère que pendant la majeure partie de leur vie, les boomers auront profité au maximum de tarifs subventionnés. C’est maintenant qu’on commence à débloquer les tarifs (il était temps!), mais le résultat demeure inéquitable : les jeunes qui ont aujourd’hui 18 ans n’auront jamais eu droit, eux, à des tarifs d’hydro et des frais de scolarité aussi subventionnés que leurs prédécesseurs.

Pourtant, ces jeunes vont devoir payer la dette cumulée par les générations précédentes.

La dette n'a jamais servi à bâtir des infrastructures
L’argument que j’entends le plus souvent par les plus vieux au sujet de cette dette, c’est qu’elle a permis de procurer au Québec des infrastructures qui profitent aujourd’hui aux jeunes. La réalité est beaucoup plus terne.

Bien sûr, Hydro-Québec est un formidable actif pour le Québec. Par contre, s’il était vrai que la somme des actifs du Québec était profitable à tous aujourd’hui, cela signifierait que la dette finirait par se payer d’elle-même, grâce justement aux infrastructures que l’on s’est payé en s’endettant. On constate toutefois qu’il n’en est rien : la dette continue de grimper. Pour réduire cette dette, il faudra tôt ou tard réduire les services ou encore, augmenter les impôts.

Nous sommes alors forcés de constater, à la lumière d’impôts plus élevés ou de services réduits, que les plus anciens auront profité d’un panier de services ou d’avantages durant la majeure partie de leur vie, alors que arrivants sur le marché du travail, eux, ne bénéficieront pas autant de ce panier et devront pourtant continuer à payer la facture de l'épicerie des décennies précédentes, probablement toute leur vie durant.

Quand le résultat est le contraire de l'intention initiale
Pour terminer, il est également important de noter que la plupart de ces mesures sociales sont, de sucroît, totalement inefficaces. Prenons l’exemple du RRQ au Québec. Cette caisse de retraite obligatoire est supposée protéger les québécois en leur garantissant un revenu à la retraite. Or, il s’avère que les québécois sont ceux qui auront les revenus de retraite les moins élevés au Canada, alors que pourtant, dans la plupart des autres provinces, il n’y a pas de régime tel que le RRQ.

Comment expliquer ce phénomène? Le RRQ n’est-il pas supposé, au contraire, augmenter les revenus de retraite des québécois? La réponse est simple : les québécois sont déresponsabilisés quant à leur retraite.

Son filet social déresponsabilise les québécois
L’État Providence les a confiné dans un état d’esprit où ils croient que l’État leur garantira les mêmes services et une retraite confortable. Aussi, plutôt que d’améliorer les revenus de retraite des québécois, le RRQ les a diminué.

Exemple parfait d’une mesure en théorie utile et louable, mais qui, en pratique, n’atteint pas les résultats visés.