09 août 2007

Hydro doit-il abandonner le nucléaire?

Dossier important pour Hydro-Québec dans les mois à venir: doit-on rénover (à grands frais) ou démolir (à grands frais) la seule centrale nucléaire du Québec, dont la vie utile tire à sa fin?

Les rénovations permettraient de prolonger la vie utile du réacteur de 25 ans. Rappelons que cette centrale produit environ 3% de l'électricité du Québec, ce qui demeure quand même considérable.

La question que doit débattre Hydro-Québec, ainsi que Jean Charest et le gouvernement du Québec, ainsi que les écologistes, est de savoir si les méfaits du nucléaire sont plus élevés que ses méfaits. Notons que les coûts prévus sont du même ordre de grandeur, soit 1 à 3 milliards de dollars dans les deux cas (rénovation ou démantèlement ).

Du côté pour:

  • le nucléaire ne produit pas ou peu de gas à effet de serre
  • la production de la centrale permet une plus grande stabilité dans le réseau de distribution d'Hydro-Québec
  • la centrale est située à proximité des grands centres urbains, contrairement aux barrages hydro-électriques
  • la fermeture pourrait signifier que le Québec perdrait une expertise dans le domaine nucléaire
  • moins de surplus permettant d'exporter et de générer des revenus pour le gouvernement
  • diversification des sources d'énergie électrique

Du côté contre:

  • les déchets nucléaires sont embarrassants et potentiellement dangereux
  • le prix de l'uranium pourrait augmenter dans le futur. Le nucléaire est déjà plus cher au kilowatt-heure que la plupart des barrages hydro-électrique
  • les accidents nucléaires, bien qu'extrêmement rares, ne sont pas impossibles
  • le nucléaire nuit à l'image verte que le Québec se donne de lui-même
  • le nucléaire n'est pas populaire auprès de la population
  • les coûts des rénovations, si on se fie aux coûts prévus comparé aux coûts réels lors de la rénovation de réacteurs similaires en Ontario, pourraient être beaucoup plus élevés que prévus

J'avoue, je ne sais trop quoi penser. A priori, je suis plutôt pour la rénovation, mais d'un autre côté, je crains les coûts prohibitifs qui ne manquent pas d'apparaître pour ce genre de projet d'envergure. D'autre part, je crois que Gentilly peut être vu comme un laboratoire d'expertise et de recherche en nucléaire et non seulement comme une centrale de production. Je serais donc plutôt contre la construction d'une nouvelle centrale, mais plutôt en faveur du maintient de la seule centrale du Québec.

06 août 2007

Carlos Slim veut donner à son tour

Nouvelle intéressante: Carlos Slim, qui pourrait bien avoir dépassé Warren Buffet et Bill Gates parmi les personnes les plus riches de la planète, souhaite à son tour redonner son argent à la société en donnant à des oeuvres charitables. M. Slim a déjà récemment fait le don d'un million d'ordinateurs portables à des enfants afin de leur permettre d'accéder à des outils éducatifs modernes.

Cela s'ajoute aux actions du privé déjà mentionnées dans un billet précédent.

Dans le cas de Slim, le don semble plus intéressé que dans le cas de Buffet (Slim ayant été grandement critiqué pour sa richesse obtenue principalement dans un pays pauvre, le Mexique), mais, comme mentionné précédemment, le génie du libre marché et de la libre entreprise, c'est que les résultats positifs sont souvent obtenus même lorsque c'est la recherche du profit qui motive les individus et les entreprises.

La complaisance de la gauche sur l'arme atomique

Hiroshima se souvient
Aujourd'hui, il y a 62 ans, les américains laissaient tomber Little Boy sur Hiroshima, faisant ainsi quelques 70,000 morts instantanément, suivis par des dizaines de milliers d'autres, morts de cancers ou de leurs blessures.

Je laisse à d'autres le soin de débattre du bien fondé ou non du lancement de cette bombe (certains diront qu'elle a tué trop de civils, d'autres qu'elle en a sauvé encore plus en mettant fin à cette guerre interminable; personnellement, je ne sais quoi penser exactement).

Complaisance atomique
Toutefois, ce qui frappe aujourd'hui, c'est avec quelle complaisance la gauche critique l'action américaine cette journée-là, tout en conservant un laxisme oratoire dangereux à l'endroit de pays comme l'Iran et la Corée du Nord, qui semblent vouloir mettre la main sur la Bombe.

Je vois la même complaisance lorsqu'il est question de Hugo Chavez, qui est en train, peu à peu, d'anéantir ce qui restait de démocratie au Venezuela et de devenir le prochain dictateur (Viva la revolucion!) latin, particulièrement dangereux étant donné la richesse en pétrole de ce pays et l'influence que ce pétrole peut apporter sur les autres pays d'Amérique Latine.

Faire un pied de nez aux États-Unis n'est pas amusant lorsqu'il est question de bombe atomique ou de dictature
Dans les trois cas (Venezuela, Corée du Nord et Iran), ces gens font des pieds de nez aux États-Unis, et cela semble plaire à une certaine gauche, particulièrement au Québec.

Que l'on soit pour ou contre la stratégie adoptée par les États-Unis en matière de politique étrangère, je trouve cette complaisance fort dangereuse. Car à la différence des États-Unis, la démocratie dans les pays mentionnés est précaire ou carrément inexistante.

05 août 2007

Les régimes de pension de beaucoup de syndicat: inéquitables

Les régimes de retraite de la plupart des syndicats sont inéquitables, car ils font payer une plus grande part des contributions aux fonds par une partie des syndiqués qui n'en tireront pas autant de bénéfices que les autres: les jeunes.

Des règles de financement des fonds qui désavantagent les jeunes
En effet, ces régimes comportent deux règles insidueuses. La première, c'est que le montant reçu à la retraite est basé, entre autres, sur les cinq meilleures années en terme de revenus. La deuxième règle, c'est que le calcul ne tient pas compte du nombre d'année pendant lesquelles les cotisations ont permis de faire fructifier les fonds.

Scénario 1
Prenons un scénario pour illustrer. Un jeune obtient un emploi précaire et temporaire au gouvernement. Il cotisera au fond public. Précaire, son poste est coupé après trois ans et il s'en va travailler ailleurs. À sa retraite 30 ans plus tard, le calcul de sa pension lui donnera un montant dérisoire, car le salaire de ses cinq meilleures années, 40 ans avant, était très bas (parce qu'il débutait sa carrière et parce que l'inflation aura fait monter les salaires). Or, ses cotisations auront permis de faire fructifier les fonds pendant 40 ans. Tous les financiers savent que c'est d'abord le temps et sa composition, plutôt que les sommes cotisées, qui permettent d'amasser des rendements cumulés importants.

Scénario 2
Comparons maintenant cette situation à celle d'une personne proche de la retraite. Cette dernière a travaillé disons dans le privé toute sa vie, mais termine ses trois dernières années dans la fonction publique. Cette personne aura donc cotisé pendant le même nombre d'année que le jeune de l'exemple précédent. À sa retraite, le calcul de sa pension sera à son avantage: le salaire de ses meilleures années sera beaucoup plus élevé (normal, on est 40 ans d'inflation plus tard, et la personne est en haut de l'échelle). Mais le pire, c'est que la seconde personne n'aura investi son argent que pendant trois ans avant d'en retirer les bénéfices.

Vous me direz: aucun système ne peut être 100% équitable et les exemples précédents sont des cas extrêmes. Je n'en suis pas si certain.

Je trouve que ce traitement demeure inéquitable, car certaines personnes cotiseront davantage pour moins de bénéfices que d'autres.